Le 26 décembre 2004, les vagues du tsunami ravagent les littoraux d Asie du Sud-Est et emportent avec elles plus de 200 000 personnes, enfants et adultes. Une déferlante planétaire de générosité s élève aussitôt pour secourir les victimes et exorciser ces images de cauchemar qui inondent nos écrans. Une formidable mobilisation humanitaire commence. Près d un an plus tard, elle est loin d être achevée. Si cette tragédie a frappé les esprits, elle a aussi très vite soulevé débats et polémiques. Qu ont fait les associations humanitaires avec les dons du tsunami ? Sont-elles capables de remplir le contrat moral que des millions de personnes ont signé avec elles ? Comment sont-elles contrôlées ? Au-delà de la question de l utilisation de l argent, c est le sens même de l action humanitaire qui est en jeu. On assimile aujourd hui la cause humanitaire à l action d urgence, alors qu elle donne sa pleine mesure dans les effets durables qu elle produit. Comme si l on pouvait se contenter de sauver quelqu un de la noyade pour ensuite l abandonner sur la berge. Ce livre est un plaidoyer pour une vision plus ample de l action humanitaire, dans l Asie de l après-tsunami comme à nos portes. Il soutient aussi une conviction : les plus fragiles d entre nous ne sont pas condamnés à être les damnés de la terre.