Une petite fille noire est adoptée par un couple bourgeois, fortuné et stérile. L'adoption est un échec. Très vite rejetée par ses parents, et en particulier par la mère incapable de nouer des liens d'amour avec une enfant qui la déçoit, la fillette, malheureuse, se réfugie auprès de sa grand-mère, vieille actrice en mal d'affection, qui seule lui témoigne un peu d'intérêt et veut l'aider à s'épanouir. Le récit à trois voix, chacune des femmes affichant sa propre perception des événements, lève peu à peu le voile sur les tensions, les secrets, les malentendus et le manque d'amour qui minent les relations familiales sur deux générations. Les mots pour le dire sont durs, cruels, réalistes, les jugements sans pitié. Dans ce microcosme à l'atmosphère malsaine et à la promiscuité étouffante, une dimension onirique, quelques notes de drôlerie, le rôle structurant des livres et des contes apportent des bouffées d'oxygène. À travers cette peinture très sombre mais prenante d'une famille atypique, l'auteur (Si tout n'a pas péri avec mon innocence, NB février 2013) parle aussi du racisme et de la peur de vieillir. (B.V. et M.-N.P.) (source : hebdodesnotes.com)