Lorca, jeune Andalouse mal fagotée au physique ingrat, est embauchée dans un cabinet d'architectes dirigé par un couple beau, riche et généreux qui veut lui donner sa chance. Envieuse et insatisfaite, elle construit un plan machiavélique afin d'usurper l'identité de la belle Rocio. Pour le financer elle puise adroitement dans la caisse. Et petit à petit, perdant vingt kilos, changeant de coiffure, s'habillant chez les meilleurs créateurs de Séville, elle se métamorphose et devient quasiment le sosie de sa patronne. Mais qu'est-ce qui la fait agir ainsi et jusqu'où peut-elle aller impunément ? S'inspirant d'un fait divers paru dans un journal espagnol, l'auteur (Trois jours à Oran, NB février 2014) remanie une étrange et incroyable histoire. Plus qu'un énorme détournement d'argent, c'est la chronique d'une manipulation obsessionnelle, d'une vampirisation qui mène à la folie. En courts chapitres qui donnent son rythme au roman alternent la « confession » de Lorca, dans une langue énergique, et les réflexions d'une narratrice, alter ego de l'auteur, qui se souvient de ses jeunes années passées à Séville et finit par s'identifier à l'héroïne. Le procédé habile donne de la crédibilité au récit et entretient le suspense. Progressivement se révèle l'ambiguïté du titre. (C.R.-G. et M.-C.A.) (source : hebdodesnotes.com)